mercredi 8 avril 2026

Chronique par Éric Sery MUERTISSIMA – Prophecy (2026) Il y a des albums qui sentent la poussière des catacombes dès la première seconde.Prophecy,de MUERTISSIMA,fait clairement partie de cette catégorie. Le groupe français s’inscrit sans détour dans la tradition du old school death metal moderne. Dès “Kings of Maleficience”,le ton est donné un riffing tranchant,presque martial,porté par une batterie sèche et directe. On pense immédiatement à l’âge d’or du death des années 90,mais sans tomber dans la simple imitation.MUERTISSIMA injecte une forme de brutalité moderne,plus compacte,plus étouffante. Avec “I Sleep with Demons”,le groupe plonge dans quelque chose de plus malsain. Les tempos ralentissent par moments,laissant respirer une ambiance doom latente qui renforce le côté rituel du morceau. La voix,caverneuse et habitée,agit comme une incantation. Le surprenant “Rich Bitch” casse légèrement la dynamique avec une approche plus directe,presque punk dans l’énergie. Un titre court,sale,efficace, qui prouve que le groupe sait aussi aller droit au but sans perdre son identité. « Echoes of Attenborough » séduit autant par la singularité de son titre que par la finesse de sa construction musicale. L’introduction,épurée et entièrement portée par le piano,met en lumière la collaboration avec Feat Erroiak,apportant une atmosphère à la fois intime et captivante dès les premières notes. Le morceau “V.I.L is for VILe Hate” est une véritable déflagration rapide,violent,sans concession. C’est probablement l’un des titres les plus agressifs du disque,taillé pour le live avec un sens du chaos parfaitement maîtrisé. Avec “Hate Eternal”,MUERTISSIMA rend hommage à une certaine tradition du death ultra brutal. Blast beats et riffs en rafale s’enchaînent,mais toujours avec cette production volontairement crue qui empêche toute surenchère clinique. “The Rain” apporte une respiration sombre et mélancolique. Plus lent,presque hypnotique,il installe une ambiance pesante qui évoque la décomposition lente plutôt que la violence frontale. Le très nerveux “Locura” relance la machine avec une énergie frénétique. Court et incisif,il agit comme une montée d’adrénaline au cœur de l’album. “From Undead to Oblivion” s’impose comme un des morceaux les plus aboutis. Il synthétise parfaitement toutes les facettes du groupe brutalité,ambiance,variations rythmiques et une vraie narration sonore. Enfin, “Pachacamac” clôt l’album sur une note presque mystique. Les influences tribales et les textures plus atmosphériques donnent une dimension rituelle et archaïque,comme une cérémonie finale qui scelle le sort de l’auditeur. Verdict, L’album Prophecy,de MUERTISSIMA ne cherche pas à réinventer le death metal et c’est précisément sa force. Le groupe creuse profondément dans ses racines pour en extraire quelque chose de sincère,sombre et viscéral. Un album qui respire l’authenticité,destiné aux amateurs de sonorités brutes,loin des productions trop polies. Un disque qui ne demande pas à être compris,mais à être subi. Ma note 8/10

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire