mardi 22 septembre 2026
La chronique de Papy Eric du groupe SAMER « Merci,bonsoir » la rage belge entre rap,metal et hardcore
Il y a des groupes qui prennent le temps de s’installer. Et puis il y a ceux qui arrivent avec l’intention claire de faire du bruit de bousculer les codes et de laisser une trace dès les premières secondes. Originaire de Belgique,SAMER appartient incontestablement à cette seconde catégorie.
Avec son premier EP,sobrement intitulé « Merci,bonsoir »le quatuor impose une identité aussi directe qu’incisive. Cinq titres,aucune volonté de s’encombrer de détours inutiles et une formule particulièrement efficace la puissance du metal,l’urgence du hardcore et le flow du rap en français.
Sorti le 5 juin 2026 chez M&O Music,ce premier format court constitue une véritable carte de visite pour le groupe. Mais surtout,il pose les fondations d’un univers musical où la rage,la tension et l’énergie urbaine occupent une place centrale.
Une rencontre explosive entre rap et metal
SAMER évolue à la croisée de plusieurs univers. Le groupe puise aussi bien dans la brutalité du metal que dans l’attitude frontale du hardcore et le caractère percutant du rap.
La guitare de Scalo constitue l’un des éléments essentiels de cette architecture sonore. Les riffs sont lourds,incisifs et conçus pour provoquer l’impact. À la basse Max vient renforcer cette sensation de puissance et donner au morceau cette assise indispensable aux compositions les plus agressives.
Derrière les fûts Jesus apporte une batterie énergique qui ne cherche pas la demi-mesure. Les rythmiques contribuent largement à cette impression de mouvement permanent,entre passages martelés et accélérations qui donnent aux morceaux leur dimension particulièrement physique.
Au sommet de cette construction sonore Greg alterne entre rap et hurlements. Cette dualité vocale est probablement l’une des signatures les plus évidentes de SAMER.
D’un côté,le débit rappé permet de développer les textes avec précision et d’installer cette dimension urbaine caractéristique. De l’autre,les cris gutturaux viennent faire exploser la tension et rapprochent naturellement le groupe de l’univers metalcore et hardcore.
Cette alternance évite surtout au groupe de s’enfermer dans une seule formule. SAMER ne cherche pas simplement à superposer du rap sur des riffs metal les deux styles semblent conçus pour fonctionner ensemble et servir une même énergie.
« Merci,bonsoir » cinq morceaux pour poser les bases
Avec seulement cinq titres « Merci,bonsoir » aurait pu n’être qu’une simple introduction. Il s’agit pourtant d’un véritable manifeste sonore.
L’EP rassemble.
* Planétaire
* Adversaire
* Corsair
* Nouvelle Ère
* Cimer
Cinq morceaux qui permettent au groupe de présenter différentes facettes de son identité tout en conservant une cohérence globale.
Le choix du format court apparaît particulièrement pertinent. Dans un univers musical où l’attention est constamment sollicitée,SAMER va droit au but. Pas question de multiplier les longueurs le groupe privilégie l’efficacité,l’impact et l’intensité.
Le titre même de l’EP « Merci,bonsoir » possède d’ailleurs quelque chose de presque provocateur. Une formule généralement associée à la fin d’un spectacle devient ici le symbole d’une musique qui semble dire voilà ce que nous avions à vous dire maintenant,prenez-le en pleine face.
Une atmosphère sombre et profondément urbaine
L’identité de SAMER ne repose cependant pas uniquement sur la puissance instrumentale.
L’univers du groupe se construit également autour d’ambiances sombres,urbaines et revendicatrices. Cette dimension donne au projet une personnalité supplémentaire et permet au rap d’occuper une place naturelle dans l’ensemble.
La langue française devient alors un véritable instrument de percussion. Les mots peuvent être débités avec rapidité,martelés ou transformés en cris. La voix ne sert plus uniquement à raconter elle participe directement à la violence musicale.
C’est cette complémentarité entre texte,rythme et agressivité sonore qui donne à SAMER une couleur particulière.
Le groupe semble vouloir capturer une forme de tension contemporaine celle d’un environnement urbain parfois oppressant,d’une époque où la colère et la frustration peuvent devenir des moteurs créatifs.
Plutôt que de chercher à adoucir cette réalité,SAMER choisit de la transformer en énergie.
Une musique pensée pour la scène
Et c’est probablement sur scène que la proposition de SAMER prend toute son ampleur.
Le groupe revendique une énergie brute,puissante et sans concession. Une caractéristique particulièrement importante lorsqu’on évolue dans le rap metal et le hardcore,deux univers où la relation avec le public fait partie intégrante de l’expérience.
Les morceaux de « Merci,bonsoir » semblent naturellement destinés à être vécus en concert.
Les riffs lourds appellent le mouvement,les rythmiques donnent envie de bouger et les passages rappés offrent des espaces où le public peut reprendre les paroles. Puis viennent les explosions vocales et les passages les plus hardcore,capables de faire basculer l’atmosphère vers quelque chose de beaucoup plus viscéral.
SAMER n’est donc pas uniquement un groupe à écouter c’est un groupe à vivre.
Cette dimension scénique pourrait devenir l’un des grands atouts du quatuor au fur et à mesure de son développement.
Quatre musiciens,une seule décharge d’énergie
Derrière SAMER se trouve un quatuor qui semble parfaitement complémentaire.
Greg Chant
Il porte la dimension vocale du projet,passant du rap aux cris avec une interprétation particulièrement physique.
Scalo Guitare
Ses riffs constituent l’un des piliers de l’identité metal du groupe,entre lourdeur,agressivité et efficacité.
Max Basse
Il apporte la profondeur et la puissance nécessaires pour soutenir l’architecture sonore du quatuor.
Jesus Batterie
Véritable moteur rythmique,il contribue à cette énergie hardcore qui donne aux compositions leur caractère explosif.
La force du groupe réside justement dans cette complémentarité. Chacun occupe une fonction précise,mais l’ensemble forme surtout un bloc sonore compact et cohérent.
Une nouvelle ère pour SAMER ?
Le morceau « Nouvelle Ère »,présent sur l’EP,pourrait presque être considéré comme une déclaration d’intention.
Car « Merci,bonsoir » n’est pas seulement un premier EP. C’est le début d’une aventure.
Avec ce premier disque,SAMER présente une formule déjà clairement identifiable du rap en français,des guitares metal,une énergie hardcore,des vocaux agressifs et une volonté de ne pas édulcorer son propos.
La suite permettra de voir jusqu’où le groupe souhaite pousser cette identité.
Va-t-il accentuer la dimension metal ? Explorer davantage le rap ? Aller encore plus loin dans le hardcore ? Développer une écriture plus personnelle et plus narrative ?
Toutes ces possibilités sont ouvertes.
Et c’est précisément ce qui rend les débuts de SAMER intéressants le groupe possède déjà une identité suffisamment forte pour être reconnaissable,tout en laissant suffisamment d’espace pour évoluer.
« Merci,bonsoir » une carte de visite qui frappe fort
Avec son premier EP,SAMER ne cherche manifestement pas à impressionner par la complexité ou la démonstration technique.
Le groupe mise sur quelque chose de beaucoup plus instinctif l’impact.
« Merci,bonsoir » est court,frontal et énergique. Il mélange plusieurs cultures musicales sans donner l’impression de simplement juxtaposer des influences. Le rap et le metal deviennent les deux faces d’une même expression,tandis que le hardcore apporte cette urgence et cette brutalité qui caractérisent l’ensemble.
Pour un premier EP,la démarche est particulièrement claire présenter SAMER tel qu’il est sans filtre et sans détour.
Cinq titres pour faire connaissance.
Cinq titres pour comprendre l’état d’esprit.
Cinq titres pour entrer dans leur univers.
Et surtout,cinq titres qui donnent envie de découvrir ce que le groupe sera capable de construire demain.
VERDICT DE LA CHRONIQUE
Avec « Merci,bonsoir » SAMER signe une première carte de visite directe,agressive et profondément énergique. Le quatuor belge réussit à faire dialoguer le rap francophone avec les sonorités metal et hardcore tout en conservant une identité cohérente.
Ce premier EP ressemble moins à une simple présentation qu’à une déclaration d’existence.
SAMER est là.
Le ton est donné.
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