mardi 8 septembre 2026
La chronique de Papy Éric.
Le Death Metal stellaire du groupe EXOLUNE est de retour avec le titre « PLUTON » et je devais refaire une autre chronique après PULSAR le voyage bouleversant au bout de soi.
Il y a des chansons que l’on écoute. Et puis il y a celles qui nous emmènent quelque part.
« PLUTON » d’EXOLUNE appartient clairement à cette seconde catégorie. Dès les premiers mots,le morceau nous plonge dans un univers froid,désertique et presque irréel,des étendues de roche inerte,des cratères,des volcans devenus montagnes,un monde si éloigné du soleil qu’il semble avoir oublié ce que signifie vivre.
Mais derrière cette imagerie spatiale se cache quelque chose de profondément humain.
Pluton devient ici bien plus qu’une planète naine. Elle devient une métaphore de l’être humain qui s’est éloigné de lui-même.
« Si loin du soleil que tout est glacé,glacé »
Cette phrase résume à elle seule l’atmosphère du morceau. Le froid n’est pas seulement celui de l’espace,c’est celui du cœur,celui de l’absence,celui qui apparaît lorsque la lumière disparaît progressivement de notre existence.
Et soudain arrive cette question.
« Reste-t-il là,encore quelque chose,sous ce sol glacé ? »
C’est probablement l’une des grandes forces de « PLUTON ». Sous l’immensité cosmique,EXOLUNE parle de ce qui reste enfoui en nous lorsque tout semble détruit. Une émotion ? Une mémoire ? Une âme ? Un dernier signe de vie ?
Et la réponse semble être un appel.
« Retrouvez-moi. Aidez-moi. »
Quand Pluton devient le miroir de l’homme
Le morceau prend alors une dimension beaucoup plus intime.
La voix de Esthel qui s’exprime ne décrit plus seulement un paysage,elle semble chercher son propre nom,son identité,son existence.
« Comme Pluton on m’a volé mon nom »
Quelle magnifique idée.
Pluton a longtemps été considérée comme la neuvième planète du système solaire avant d’être reclassée en planète naine en 2006. Cette histoire de changement de statut donne ici une puissance symbolique particulière à la chanson que devient-on lorsque le monde décide de ne plus nous appeler comme avant ?
Le narrateur semble vivre cette même dépossession.
On lui a volé son nom.
Et avec le nom disparaissent progressivement les repères,l’identité,les souvenirs,les émotions,jusqu’à la sensation même d’être humain.
« Suis-je un humain ? Je suis perdu,je n’en peux plus »
Ce n’est plus une simple chanson mélancolique.
C’est une plongée dans la perte de soi.
Une solitude à l’échelle de l’univers
Ce qui frappe également dans « PLUTON »,c’est la manière dont EXOLUNE utilise l’espace pour amplifier la solitude.
Neptune.Kuiper.Pluton.
Tout semble immense autour du personnage… et pourtant,il n’a jamais été aussi seul.
« Il n’y a personne,je suis si seul »
L’espace devient alors une représentation parfaite du vide intérieur.
Plus le décor est gigantesque,plus l’être humain paraît minuscule.
Et cette sensation atteint son paroxysme avec.
« Je perds mon âme,j’oublie mon nom/J’oublie ma femme »
Quelques mots suffisent à faire basculer la chanson dans quelque chose de profondément tragique. L’oubli n’est plus seulement celui de soi,il commence à effacer les personnes qui donnent encore un sens à notre existence.
La beauté dans les ténèbres
Pourtant,« PLUTON » n’est pas uniquement un morceau sombre.
Parce qu’au milieu de cette nuit,il subsiste une chose essentielle.
l’appel.
« Retrouvez-moi » revient comme un cri lancé dans le vide.
Et c’est peut-être là que réside toute la force émotionnelle du titre.
Quelqu’un qui demande à être retrouvé n’a pas totalement disparu.
Quelqu’un qui demande de l’aide espère encore.
Quelqu’un qui dit « je me perds » cherche encore une direction.
C’est ce contraste qui rend le texte particulièrement touchant la chanson parle de disparition,mais elle est elle-même un immense appel à la vie.
EXOLUNE signe avec « PLUTON » un morceau qui dépasse largement le simple voyage spatial.
C’est une chanson sur l’isolement,la perte d’identité,l’oubli,la mélancolie et cette terrible sensation d’être devenu étranger à soi-même.
Pluton n’est finalement qu’un décor.
Le véritable voyage se déroule à l’intérieur.
Un voyage dans les zones froides de l’âme,là où la lumière n’arrive presque plus,là où les souvenirs deviennent flous,là où l’on cherche désespérément une trace de chaleur.
Et lorsque retentit une dernière fois.
« Retrouvez-moi… Je me perds »
on comprend que le véritable message d’EXOLUNE n’est peut-être pas.
« Regardez comme je suis perdu. »
Mais plutôt.
« Même perdu dans l’obscurité,cherchez-moi encore. »
« PLUTON » EXOLUNE
Une odyssée glaciale,mélancolique et profondément humaine,où l’immensité de l’espace devient le reflet de l’immensité du vide intérieur.
Un titre qui ne demande pas seulement à être écouté.
Il demande à être ressenti.
Ma note pour le morceau sera de 19/20
Lien de la vidéo.
https://youtube.com/@exolune?si=M7PcvSbCzxEfvYwI
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